Où est la véritable richesse

Depuis quelques années, je me pose des questions sur les différentes crises auxquelles notre société fait face, tant au niveau économique, qu’énergétique et environnementale, qu’au  niveau politique. Il semble clair que rien ne va plus et ce, depuis longtemps, on ne cesse de nous le rappeler quotidiennement dans  tous les médias et malgré tout, nous continuons de croire que le développement d’une économie basée sur la croissance, la consommation et le développement du PIB est la seule voie possible.  En est il vraiment ainsi?

 

Et si nous faisions  un petit retour en arrière, disons seulement 50 ans passés, juste avant le «  boum » économique et que nous regardions ce qui s’est passé. A cette époque,  les gens auto-produisaient presque la totalité des biens nécessaires à leur vie quotidienne . Ils vivaient  sur des terres capables de leur fournir une nourriture de qualité en abondance, ils prenaient le temps de confectionner leurs propres vêtements à partir de  matières premières naturelles et saines,  ils construisaient de leurs mains leur habitat et tout ce qui leur était utile, créaient des liens précieux avec les autres et s’entraidaient gratuitement. Ils avaient un savoir et un savoir-faire qui leur permettait une autonomie et une liberté sans même qu’ils en soient conscients.  Leurs besoins étaient bien sûr différents de ce que nous connaissons aujourd’hui et l’argent,  même s’il permettait des échanges entre les gens, avait une place bien différente que celle qu’il occupe aujourd’hui.

 

Et un jour, certains « grands visionnaires »  ont convaincu les gens que l’argent avait la capacité de nous rendre plus heureux,  plus libre et qu’il pourrait nous donner accès à un univers encore plus grand que ce que nous connaissions et  ils nous proposaient d’y accéder en abandonnant  l’autoproduction pour aller vers une ouverture des marchés en allant travailler à la ville pour obtenir un salaire qui  promettait une plus grande qualité de vie pour eux et leur famille.  Nous passions ainsi subtilement des « biens » utiles  vers les  « produits de consommation » synonymes de qualité de vie.

 

Le développement économique de nos sociétés s’est alors construit sur l’augmentation de cette consommation et  sur les échanges commerciaux réalisés. L’argent devenait ainsi le moteur de cette économie et  le PIB sa mesure. Plus il y a d’échanges commerciaux et plus riche sera considéré un pays. Peu importe si ces échanges sont utiles, ou s’ils servent notre mieux être, l’important est la croissance. Produire plus pour consommer plus. Créer la dépendance à un tel système est rentable…

 

Ainsi, un yogourt acheté en magasin aura couté jusqu’à 7 fois le prix d’un yogourt produit à la maison, sans compter qu’il aura nécessité du pétrole pour son transport, pour le transport des matières premières, pour sa distribution, qu’il aura  pollué et  permis des dépenses environnementales, qu’il aura une qualité bien moindre parce que la production industrielle en détruira les ferments lactiques utiles a  notre santé intestinale, qu’il contiendra des additifs et des préservatifs chimiques pour en prolonger la vie et qu’il perturbera ainsi notre santé et augmentera nos besoins en soins médicaux… Rentables vous ne trouvez pas? Mais rentable pour qui?

 

Cette façon de mesurer la richesse  nous a, en quelques décennies, poussé à exploiter sans discernement  nos ressources énergétiques, a détruit notre environnement et notre économie,  a poussé l’endettement à un niveau maintenant impossible à redresser et a plongé les pays et les individus dans une crise qui est sur le point d’éclater.  Ils nous suffit de regarder nos voisins de l’Europe et de l’Afrique  pour constater l’échec imminent.

 

Doit on encore attendre d’un tel système?  Sans vouloir recréer le passé, ce qui selon moi, ne rendrait pas hommage à l’évolution de notre conscience globale, pouvons nous nous réinventer une autonomie qui nous rende moins dépendants de ce système? Est-il possible pour nous de retrouver et de réintégrer dans notre communauté notre capacité d’autoproduire nos biens selon nos véritables besoins en y intégrant les avancées technologiques, en partageant nos talents et nos savoirs-faires, en redonnant une importance aux moments que nous partageons et en prenant le temps de nous questionner sur nos réels besoins et sur ce qui nous rend véritablement heureux?

 

J’aimerais terminer en vous laissant sur ce petit  extrait de  Maurizio Pallante,  La décroissance heureuse.

 

–      Bonjour, dit le petit prince

–       Bonjour dit le marchand.

C’était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif.

–      On en avale une par  semaine et on n’éprouve plus le besoin de boire.

–      Pourquoi vends tu cela demande le petit prince?

–      C’est une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne 53 minutes par semaines.

–      Et que fait-on de ces 53 minutes?

–      On en fait ce que l’on veut.

« Moi, se dit le petit prince, si j’avais 53 minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine. »

Antoine de St Exupéry, Le petit prince

2 réponses
    • Louis-Philippe
      Louis-Philippe dit :

      Merci Clélia… Que notre communauté soit des plus rayonnante et que chacun y trouve sa place et puisse s’épanouir! Au plaisir de nous retrouver sur la route

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